Chez Nobase, nous voyons passer des briefs qui demandent une application mobile pour un besoin couvert par trois pages HTML. Et l'inverse : un site vitrine commandé alors qu'il fallait un vrai outil métier. Les deux situations coûtent cher, en argent et en temps perdu. L'enjeu de cet article est de vous éviter les deux.
Le site vitrine : quand ça suffit vraiment
Un site vitrine raconte qui vous êtes, ce que vous faites, et comment vous joindre. Point. Il comporte en général cinq à douze pages : accueil, services, projets ou réalisations, à propos, contact, parfois un blog ou un journal. Aucune connexion utilisateur, aucune donnée à manipuler, aucun workflow métier.
La bonne question n'est pas "est-ce que j'ai besoin d'un site ?". Elle est : qu'est-ce que mon visiteur doit pouvoir faire sur ce site, à part lire et me contacter ?. Si la réponse est "rien d'autre", un site vitrine fait parfaitement le travail.
Cas d'usage typiques où ça suffit :
- Cabinet de conseil, avocat, architecte, expert-comptable
- Restaurant, hôtel, lieu culturel (avec éventuellement un module de réservation externe)
- Artisan, prestataire de services locaux
- Agence créative qui présente des projets et du contact
- Startup early-stage qui valide une promesse avant d'industrialiser
Côté chiffres, comptez 4 à 8 semaines de production pour un site vitrine bien fait, et un budget entre 3 000 et 15 000 euros selon la complexité graphique, la quantité de contenu, et le niveau de sur-mesure. En-dessous de 3 000, vous êtes sur du template adapté. Au-dessus de 15 000 pour un pur vitrine, vérifiez ce que vous payez vraiment.
L'application web : quand le site ne suffit plus
Vous passez à une application web dès qu'un utilisateur doit se connecter, manipuler ses propres données, ou enchaîner des actions dans un workflow. C'est le moment où votre produit cesse d'être un support de communication pour devenir un outil.
Exemples concrets rencontrés en mission :
- Un back-office pour que vos équipes internes gèrent commandes, devis, stocks, plannings
- Un CRM léger pour suivre vos prospects sans payer 50 euros par mois et par utilisateur à un éditeur SaaS
- Un portail client où vos clients voient l'avancement de leurs dossiers, téléchargent leurs documents, valident des livrables
- Un SaaS vendu en abonnement, avec comptes, facturation, multi-utilisateurs
- Une marketplace à deux faces qui met en relation offre et demande
Les délais changent d'échelle. Comptez 10 à 16 semaines pour un MVP sérieux, et un budget entre 15 000 et 50 000 euros pour une version initiale qui tient en production. Ce n'est pas un luxe, c'est le coût réel d'un logiciel utilisé par de vraies personnes sur de vraies données.
Le piège classique : vouloir tout livrer dès la V1. Nous recommandons toujours de cadrer un MVP resserré, de le mettre en mains utilisateurs, puis d'itérer sur ce qui remonte. Notre process est calibré pour ça.
L'application mobile : vraiment nécessaire ?
L'application mobile est la demande la plus courante et la moins justifiée. La phrase déclencheuse est presque toujours la même : "mon concurrent a une app, il m'en faut une aussi". Mauvaise boussole.
Posez-vous ces quatre questions filtres. Si vous répondez "non" à toutes, vous n'avez pas besoin d'une application mobile native.
- Avez-vous besoin de notifications push régulières et pertinentes ?
- Avez-vous besoin de géolocalisation fine ou de fonctions Bluetooth/NFC ?
- Avez-vous besoin d'accéder à l'appareil photo, au micro, aux capteurs ?
- Votre usage doit-il fonctionner hors-ligne de façon fiable ?
Si vous avez répondu "oui" à une ou plusieurs questions, le mobile natif commence à se justifier. Sinon, une application web mobile-friendly (PWA) couvre 90% du besoin pour une fraction du coût.
Une application mobile native, c'est deux codebases (iOS + Android), deux cycles de validation App Store et Google Play, deux environnements de test, et une maintenance permanente. Le budget démarre rarement sous 40 000 euros et grimpe vite à 80 000 pour une V1 complète. À comparer froidement au gain utilisateur réel.
L'arbre de décision en 4 questions
Si vous devez trancher en dix minutes, voici les quatre questions à vous poser dans l'ordre. La première réponse "oui" fixe votre catégorie.
- Mon visiteur doit-il se connecter pour faire ce qu'il vient faire ? Si oui, application. Si non, vitrine suffit.
- Le cœur du service repose-t-il sur la manipulation de données propres à chaque utilisateur ? Si oui, application web.
- Le service a-t-il besoin de capteurs matériels ou d'un usage nomade hors-ligne fiable ? Si oui seulement, application mobile.
- Dans le doute, pouvez-vous valider l'idée avec un site vitrine enrichi d'un formulaire avant d'investir dans un outil ? Presque toujours, oui.
En cas de doute : commencez modeste
Le plus gros gaspillage que nous voyons en mission, c'est un outil sur-dimensionné par rapport au besoin réel. L'équipe a passé six mois à construire une application complète, a dépensé 80 000 euros, et trois mois après la mise en ligne, trois fonctions sur dix sont utilisées. Les sept autres étaient des hypothèses non validées.
Notre conseil : commencez par le format le plus modeste qui couvre le besoin prouvé. Un site vitrine bien fait, avec un formulaire malin et un tableur partagé en coulisses, vaut souvent mieux qu'une application bancale. Vous pourrez toujours industrialiser dans six mois, avec de vraies données d'usage en main.
Si vous voulez un avis cadré sur votre cas, écrivez-nous. Nous répondons sous 48 heures avec un premier retour honnête, même quand la réponse est "vous n'avez pas besoin de nous pour l'instant". Vous pouvez aussi comparer nos formules et tarifs pour vous situer.